Céline est venue de Lille pour participer à la manifestation parisienne. Dans sa ville du Nord, il n’y a eu aucun appel à la mobilisation. “J’ai cherché sur Internet, mais il n’y avait rien. Alors ce matin, j’ai pris le train pour venir jusqu’ici et si la police ne nous déloge pas, je dormirai probablement sur place, confie la trentenaire, sans emploi.
La jeune femme se fait l’écho des revendications portées par les Indignés : “Exiger un logement pour tous, des salaires corrects, plus de démocratie et la fin du nucléaire.” “J’ai un toit, je peux manger, mais je sais que ce n’est pas éternel, poursuit-elle. Et je ne suis pas là que pour moi. Savoir que des gens sont dans le besoin et la précarité, ça me met mal à l’aise.”
Martin, madrilène, est venu soutenir ses compatriotes. “Il y a moins de monde ici qu’en Espagne, mais je suis sûr que dans quelques jours, notre mobilisation prendra beaucoup plus d’ampleur. En France, comme ailleurs, la colère se fait sentir.”
Pour le collectif des Indignés, il s’agit bien d’“amplifier cette insurrection civique, pacifique et apartidaire”, jusqu’à ce que les des solutions concrètes soient proposées. Reste que la faible mobilisation risque de n’avoir aucun impact sur leurs revendications. Pour Marc, quinquagénaire venu en famille, les Français n’ont encore “rien compris.” “Aujourd’hui, il y aurait dû y avoir une prise de la Bastille, s’énerve-t-il. Ici, on se fait marcher sur les pieds, et on ne dit rien ! A quand le nouveau Mai 68 ?”
Voir aussi le diaporama sur le rassemblement.